Felix MENDELSSOHN
Concerto pour violon et orchestre no 2, op. 64
Edith PEINEMANN, violon
Orchestre Symphonique de la Radio de Cologne
Joseph KEILBERTH
6 mai 1960, grande salle (salle „Klaus von Bismark“)
de la Maison de la Radio de Cologne
Parmi les très grands concertos pour violon de la musique allemande du dix-neuvième siècle, ce sont avant tout quatre oeuvres qui dominent: dans leur ordre chronologique, les concertos pour violon de Ludwig van Beethoven (1806), Felix Mendelssohn (1844), Max Bruch (1866) et Johannes Brahms (1878). Ils vont à certains égards par deux: alors que les concertos de Beethoven et de Brahms passent pour des oeuvres spécialement “ambitieuses“, “élitaires“, ceux de Mendelssohn et de Bruch jouissent d'une énorme popularité tant auprès du public que parmi les violonistes. Bien des éléments contribuent à cette vogue: la vigueur expressive de leurs thèmes faciles à retenir, une heureuse alliance de mélodieuse limpidité et de virtuosité, de chaleureuse éloquence et d'éclat, de simplicité et de raffinement et en outre, chez Mendelssohn, la subitilité des “états d'âme“.
C'est dans la correspondance échangée entre Félix Mendelssohn et Ferdinand David, premier violon de l'Orchestre du Gewandhausorchester de Leipzig, que le compositeur mentionne pour la première fois, fin juillet 1838, le projet d'un concerto pour violon. Ce n'est toutefois qu'en 1844 qu'il en poursuivit la composition, l'ayant en chemin délaissé "[...] un temps pour envisager l'écriture d'un concerto pour piano en mi mineur destiné à la scène londonienne - il en esquissa un premier puis un deuxième mouvements entre 1842 et 1844. Là se trouve l'origine du second thème lyrique du premier mouvement de son opus 64. Finalement, Mendelssohn abandonna ce projet de concerto pour piano et revint à son concerto pour violon, qu'il data de septembre 1844, même s'il commença presque tout de suite à le retoucher subtilement. Une modification plus substantielle découla d'un entretien avec David: il allongea la célèbre cadenza du premier mouvement qui, exceptionnellement, apparaît non vers la fin de la réexposition, comme le veut la tradition, mais en bout de développement. [...]" R. Larry TODD, 2012.
Le 13 Mars 1845 c'est bien entendu son ami Ferdinand David qui en donna la première audition dans la salle du Gewandhaus, l'orchestre étant dirigé par Niels Gade.
Bien que portant le numéro d'opus 64, le concerto est postérieur à - entre autres - la Symphonie italienne (op. 90) et la Symphonie de la Réformation (op. 107), toutes deux composées entre 1829 et 1833. L'intention de Mendelssohn n'était pas d'écrire une pièce de virtuosité mais bien un concerto pour l'instrument. Il en est résulté un exemple d'une rare harmonie entre le traitement manifestement varié des thèmes et les proportions heureusement équilibrées de l'oeuvre.
"[...] On prétend souvent que Felix Mendelssohn fut un néo-classique. Si ce catalogage peut paraître justifié pour quelques-unes de ses oeuvres, ce n'est absolument pas le cas pour le concerto de violon. Écrit après un long temps de préparation pour le virtuose leipzigois Ferdinand David, c'est en effet à tout prendre un produit du plus pur romantisme, original jusque dans les moindres détails, anticipant l'avenir, d'une étonnante fraîcheur d'invention. Inédite est par exemple la manière dont Mendelssohn, renonçant à la traditionnelle exposition orchestrale, fait attaquer le concerto par le soliste. Nouvelle est également la place de la cadence, avant la reprise (au lieu de figurer avant la coda). Dans le mouvement initial, le contraste entre le premier thème, qui se présente comme une sorte de chanson mais vibre de ferveur (appassionato), et le rêveur second thème (tranquillo) produit une impression “romantique“. Le deuxième mouvement, un Andante de coupe tripartite, est une typique “romance sans paroles“. Mais ce sont des traits capricieux et pittoresques qui donnent son cachet au finale, dans lequel Mendelssohn adopte un ton qui rappelle sa musique pour le „Songe d'une nuit d'été“ de Shakespeare. Il est compréhensible qu'on ait parlé de “féerie romantique de sylphes“ en face de ce mouvement portant caractéristiquement l'indication leggiero comme signe d'interprétation. [...]" cité des notes de Constantin FLOROS (traduction de Jacques FOURNIER) publiées en 1981 au verso de la pochette du disque Deutsche Grammophon 2532 016
L'interprétation qui vous en est proposée sur cette page fut enregistrée lors d'un concert donné le 6 mai 1960 dans la grande salle (salle „Klaus von Bismark“) de la Maison de la Radio de Cologne, avec l'Orchestre Symphonique de la Radio de Cologne placé sous la direction de Joseph KEILBERTH, et le concours de la violoniste Edith PEINEMANN dans l'oeuvre de Mendelssohn.
Au programme de ce concert:
-► Johannes Brahms, Sérénade Op. 16
-► Felix Mendelssohn, Concerto pour violon Op. 64
-► Paul Hindemith, Pittsburgh Symphony
Felix Mendelssohn, Concerto pour violon et orchestre no 2 en mi mineur, opus 64 (MWV O 14), Edith Peinemann, violon,Orchestre Symphonique de la Radio de Cologne, Joseph Keilberth, 6 mai 1960, grande salle (salle „Klaus von Bismark“) de la Maison de la Radio de Cologne
1. Allegro molto appassionato -> env. 12:53
2. Andante 20:38 (-> 20:38)
3. Allegro non troppo - Allegro molto vivace 06:39 (-> 27:17)