Traduit des notes de Hope SHERIDAN publiées vers la fin des années 1960 au verso de la pochette de ce disque MACE MCS 9063 (une réédition du disque Amadeo AVRS 6366):
«« Les oeuvres interprétées ici appartiennent à deux périodes. Celle du jeune compositeur et celle de l'homme mûr. Elles représentent les deux extrêmes de son “pendule“ artistique: un charmant concerto pour hautbois, plutôt léger, d'une grande virtuosité, et deux des concertos de l'oeuvre de musique de chambre la plus aboutie de Haendel - le magnifique Opus 6.
Haendel avait 54 ans lorsqu'il écrivit les douze monumentaux «Concerti Grossi» de cet opus 6. Ces oeuvres extraordinaires furent écrites entre le 29 septembre et le 30 octobre 1739 et publiées par souscription publique le 21 avril 1740. Il est étonnant de constater qu'elles furent conçues et écrites au milieu d'une véritable fièvre de composition. Hutchings, en parlant de ces concertos, les qualifiat d'une telle unité dans la multiformité que dans „chacune de ces oeuvres superbes, les quatre, cinq ou six mouvements semblent être les facettes d'une seule personnalité“.
Le «Concerto Grosso» en ré majeur, Opus 6, No 5, est en cette forme particulière de six mouvements.
Le premier mouvement se présente sous la forme du début d'une ouverture à la française, avec ses rythmes pointés familiers - une noble introduction de 24 mesures au second mouvement, un „Allegro“ de 62 mesures, de nature fuguée. Ensemble, ils forment une ouverture à trois voix, avec son motif inversé et ses cordes solistes en dialogue imitatif. Les points de pédale sont utilisés pour renforcer l'accent pittoresque du romantisme.
Le troisième mouvement est un „Presto“ de 144 mesures, dans lequel Haendel, l'architecte, se montre sous son meilleur jour. Dans la figuration légère des violons surgit une idée contrastante des instruments graves. Elle peut avoir été introduite pour l'humour ou, comme le souligna Hutchings, „purement pour l'interruption - pour empêcher le développement d'être trop simple et mécanique“. Cependant, lorsque l'ensemble atteint sa conclusion en quatre mesures d'harmonie ripieno simple, le paragraphe est conclu par le rythme solide de cette interruption.
Le quatrième mouvement, un „Largo“ de 40 mesures, est à nouveau issu de l'art choral haendélien. Il est de nature solennelle avec de longs passages de communion entre concertino et ripieno.
Le cinquième mouvement est un „Allegro“ de 82 mesures dans lequel la mélodie est poussée dans ses derniers retranchements. Les trilles abondent. Le mouvement est aérien, les grands intervalles produisant des esprits sauvages.
Le sixième mouvement, un menuet marqué „Un poco larghetto“, compte 60 mesures. Haendel exprime son contenu en une seule ligne mélodique - un thème en deux sections avec des variations. La première variation fait entendre une voix de soprano sur une basse continue; dans la seconde, le thème est transformé en figures arpégées, tandis que la ligne de basse se poursuit vers l'avant.
L'apprentissage au théâtre de Haendel lui avait appris que l'intensité de la pensée avait plus de signification lorsqu'elle était placée de manière mémorable dans le champ d'action de l'auditeur à l'esprit mélodique. Dans ces concertos, il combina cette leçon bien apprise avec une construction d'une nature si organique qu'ils semblent avoir été créés impulsivement et avec une spontanéité intemporelle. »»
Edmond de STOUTZ enregistra ces trois oeuvres de Georg Friedrich HÄNDEL avec son Orchestre de chambre de Zurich, qu'il fonda en 1945 et dont il fut le chef titulaire jusqu'en 1996; Egon PAROLARI était le soliste dans le concerto pour hautbois. Le tout fut publié an 1964 sur le disque Amadeo AVRS 6366 - je n'ai pas encore pu dater les prises de son elles-mêmes.
Georg Friedrich Händel, Concerto grosso en ré majeur Op. 6 No 5, HWV 323, Orchestre de chambre de Zurich, Edmond de Stoutz